APPRENDRE A SON ENFANT CE QUI DEPEND DE LUI : UN OUTIL INCROYABLE FACE AUX FRUSTRATIONS DE LA VIE

APPRENDRE A SON ENFANT CE QUI DEPEND DE LUI : UN OUTIL INCROYABLE FACE AUX FRUSTRATIONS DE LA VIE

Nos enfants l’expriment différemment, mais ils vivent tous des moments d’extrême frustration. Une remarque qu’ils considèrent comme totalement injuste. Un match perdu. Une mauvaise note. Une remarque blessante d’un de leurs amis. Une sélection manquée. Dans ces instants-là, nous voyons parfois leur frustration monter très vite. Ils se crispent, s’énervent, se ferment. Ils pleurent parfois et se découragent souvent. Et, en tant que parents, nous aimerions les aider à mieux vivre ces moments difficiles. Eh bien, j’ai une bonne nouvelle pour nous tous : il existe une leçon simple, puissante et précieuse que nous pouvons leur transmettre très tôt : apprendre à son enfant ce qui dépend de lui et ce qui ne dépend pas de lui.

Cette idée, que l’on retrouve dans le stoïcisme, si elle est réellement intégrée par les parents et les enfants, peut profondément transformer leur capacité à gérer les émotions qui naissent de la frustration. Soyons clairs, cette idée ne consiste pas à dire à l’enfant de ne plus ressentir ses émotions. Elle ne consiste pas non plus à lui demander d’accepter passivement tout ce qui lui arrive. Elle l’aide plutôt à comprendre une chose essentielle : dans la vie, il y aura toujours des événements qu’il ne pourra pas maîtriser, mais il maîtrisera toujours sa réaction face à ces évènements.

Apprendre à son enfant ce qui dépend de lui - le stoïcisme

Et cette distinction peut changer beaucoup de choses. Car un enfant qui apprend à se concentrer sur ce qu’il peut contrôler devient peu à peu plus solide face aux frustrations de la vie. Il ne gagne pas le pouvoir de tout réussir. Il gagne quelque chose de plus profond : le pouvoir d’accepter ce qui ne dépend pas de lui.

Nous vivons dans un monde où beaucoup d’enfants sont très vite confrontés à la comparaison, à la performance et au regard des autres. Nous sommes aussi dans un monde de l’immédiateté. Ce que l’on veut, on le veut tout de suite. Pourtant, très jeunes, les enfants seront confrontés à une réalité bien différente.

Apprendre à son enfant ce qui dépend de lui - le regard des autres

C’est précisément dans ces moments de frustration qu’apprendre à son enfant ce qui dépend de lui est une leçon tellement importante. Elle lui permet de ne pas grandir dans l’illusion qu’il peut tout contrôler. Et elle lui évite aussi de tomber dans l’autre extrême : croire qu’il ne peut rien faire et qu’il subit sa vie.

Cette leçon est précieuse parce qu’elle équilibre. Elle aide l’enfant à ne pas s’épuiser contre des réalités qu’il ne peut pas changer.

Un enfant qui comprend cela commence à développer une meilleure relation à l’effort, à l’échec et à la frustration. Il découvre que, même quand tout ne se passe pas comme prévu, il peut encore choisir son attitude, ses efforts, sa manière de réagir et sa façon d’avancer.

Autrement dit, il apprend à ne pas se définir uniquement par ce qui lui arrive, mais aussi par ce qu’il décide de faire avec ce qui lui arrive.

jeune joueur avec la bonne attitude sur le banc - Apprendre à son enfant ce qui dépend de lui

Pour un enfant, cette distinction doit être expliquée avec des mots simples et des exemples concrets.

Ce qui dépend de lui

Ce qui dépend de lui, ce sont notamment ses efforts, son sérieux, son attitude, sa manière de parler, sa persévérance, sa façon d’écouter, sa manière de recommencer et les choix qu’il fait après une difficulté.

Ce qui ne dépend pas de lui

Ce qui ne dépend pas de lui, ce sont par exemple la décision d’un arbitre, la réaction d’un professeur, la météo, le comportement des autres, le fait d’être choisi ou non, le talent d’un autre enfant, certains résultats, certaines injustices et certaines circonstances extérieures.

Cette distinction paraît simple, mais elle est immense. Parce que beaucoup d’enfants mélangent les deux.

Ils pensent parfois que si quelque chose se passe mal, c’est qu’ils ont raté, qu’ils ne sont pas assez bons ou qu’ils n’y arriveront jamais. Ou, au contraire, ils se battent intérieurement contre quelque chose qu’ils ne peuvent pas changer : « C’est injuste », « ce n’est pas normal », « je ne l’accepte pas », « ça ne devait pas se passer comme ça ».

joueur de basketball frustré - Apprendre à son enfant ce qui dépend de lui

Bien sûr, leur ressenti est légitime. Mais s’ils restent enfermés dans ce qui ne dépend pas d’eux, ils se sentent vite impuissants. Et l’impuissance nourrit souvent la colère, le découragement ou la plainte.

Les aider à voir ce qui dépend d’eux, ce n’est donc pas minimiser la difficulté. C’est leur redonner un espace d’action. C’est leur montrer qu’ils ne contrôlent pas tout, mais qu’ils ne sont pas non plus condamnés à subir passivement tout ce qui leur arrive, sans pouvoir adapter leur réaction.

La frustration naît du décalage entre ce que l’on voulait et ce qui arrive réellement. Entre ce que l’on espère et ce qui arrive réellement. Et entre ce qui semble normal et la réalité, parfois très dure. Or, chez l’enfant, ce décalage peut être très intense. Il voulait gagner, il a perdu. Il voulait être félicité, il a été corrigé. Il voulait être choisi, il a été écarté. Il voulait que ce soit juste, et cela ne l’a pas été.

Quand l’enfant ne sait pas faire la différence entre ce qu’il peut contrôler et ce qu’il ne peut pas contrôler, il risque de tourner longtemps autour de ce qu’il ne maîtrise pas. Il ressasse, s’agace, s’effondre ou se bloque.

En revanche, lorsqu’il apprend à identifier ce qui dépend de lui, il reprend le contrôle, du moins sur une partie de la situation. La frustration ne disparaît pas comme par magie, mais elle devient plus traversable.

enfant triste après une mauvaise note - Apprendre à son enfant ce qui dépend de lui

Prenons un exemple simple. Un enfant reçoit une remarque qu’il considère injuste d’un enseignant ou d’un coach. Cet enfant peut choisir de se concentrer sur l’injustice ressentie. Il peut aussi se dire qu’au vu des propos de l’adulte, il est nul. Il peut tourner en boucle la remarque. Ou alors choisir de se concentrer sur une réaction plus constructive. Il peut se demander quel message l’enseignant ou le coach essaie de lui faire passer. Il peut aussi accepter que son comportement soit à la base de la remarque. Ou il peut se demander comment il aurait pu se comporter différemment etc.

C’est la même chose si un enfant perd un match. S’il ne regarde que le résultat, il peut rester enfermé dans cette idée : “On a perdu, c’est nul, ça ne sert à rien.” Mais si on l’aide à revenir vers sa zone d’action, il peut peu à peu se demander : “Est-ce que j’ai fait de mon mieux ? Qu’est-ce que je peux améliorer ? Comment puis-je mieux réagir la prochaine fois ?”

enfant déçu après un match perdu - Apprendre à son enfant ce qui dépend de lui

Le match perdu comme la remarque ne dépendent plus de lui. Mais son apprentissage, lui, dépend encore de lui.

C’est cela qui fait toute la différence. L’enfant ne reste pas coincé dans la frustration. Il retrouve un chemin. Il passe d’une logique de blocage à une logique de progression.

Petit à petit, il comprend qu’il ne peut pas empêcher toutes les difficultés, toutes les frustrations, toutes les injustices, mais qu’il peut apprendre à mieux y répondre. Et cette prise de conscience change profondément sa manière de vivre les épreuves du quotidien.

Cette leçon ne s’enseigne pas seulement dans les grands discours. Elle se transmet surtout dans les petites situations du quotidien.

Quand votre enfant revient fâché parce qu’un camarade a été désagréable, vous pouvez l’aider à distinguer les choses :

« Tu ne peux pas choisir comment lui agit. Mais tu peux choisir ce que toi, tu fais maintenant. »

Quand il reçoit une mauvaise note :

« Tu ne peux plus changer le contrôle qui est passé. Mais tu peux regarder comment tu vas préparer le prochain. »

S’il n’est pas retenu pour un match :

« Tu ne décides pas à la place de l’entraîneur. En revanche, tu peux décider de ton attitude lors du prochain entraînement. »

Lorsqu’il vit une injustice :

« Ce qui s’est passé n’est peut-être pas juste. En tout cas tu le vis comme une injustice. Et tu as le droit d’être blessé. Mais regardons ensemble ce sur quoi tu peux encore agir. »

L’idée n’est pas de lui faire une leçon de philosophie à chaque difficulté. L’idée est de l’habituer, doucement, à revenir vers sa part d’action.

Certaines questions peuvent beaucoup aider :

« Qu’est-ce qui dépend de toi ici ? »

« Qu’est-ce que tu peux faire maintenant ? »

« Qu’aimerais-tu essayer la prochaine fois ? »

« Comment peux-tu réagir au mieux ? »

Cette manière de parler est précieuse, car elle guide sans écraser. Elle n’impose pas une morale. Elle ouvre une réflexion. Elle aide l’enfant à se recentrer sur ce qu’il peut contrôler, au lieu de se perdre dans ce qu’il ne maîtrise pas.

À force de répétition, l’enfant intériorise peu à peu ce réflexe. Il apprend à se recentrer. Il ne cherche plus uniquement à ce que le monde extérieur change. Il apprend aussi à se positionner lui-même face à ce monde.

maman qui accueille les émotions de son enfant - Apprendre à son enfant ce qui dépend de lui

Il y a cependant un point essentiel à ne pas négliger : apprendre à son enfant ce qui dépend de lui ne doit jamais devenir une manière de nier ce qu’il ressent.

Quand un enfant est triste, frustré ou en colère, il n’a pas d’abord besoin qu’on lui donne immédiatement une leçon. Il a besoin d’être rejoint. Il a besoin de sentir que son émotion a le droit d’exister, de compassion et de compréhension. Peut-être a-t-il aussi besoin de temps.

Si l’on va trop vite vers : « Concentre-toi sur ce qui dépend de toi », l’enfant peut entendre : « Tu n’as pas le droit d’être triste », « arrête de te plaindre », « passe à autre chose ». Et ce n’est évidemment pas le but.

Il est donc important d’accueillir d’abord l’émotion :

« Je comprends que tu sois déçu. »

« Oui, c’est dur. »

« Tu aurais voulu que cela se passe autrement. »

« Je vois que cela t’a fait mal. »

Ce n’est qu’après cet accueil que l’on peut aider l’enfant à se remettre en mouvement. Et après, cela prend parfois quelques minutes voire quelques heures.

Cette étape est fondamentale, car elle évite la culpabilisation. Elle montre à l’enfant que ses émotions sont légitimes, tout en lui apprenant qu’il n’est pas obligé d’y rester enfermé.

Accueillir l’émotion ne signifie pas nourrir la plainte. Ce n’est pas rentrer dans sa colère. Ce n’est pas non plus se focaliser avec lui sur l’évènement négatif. Accueillir l’émotion, c’est offrir une base de sécurité intérieure. Et à partir de cette sécurité, l’enfant devient plus disponible pour réfléchir, comprendre et agir.

En réalité, un enfant écoute beaucoup mieux quand il se sent compris. Lorsqu’il sent que l’adulte cherche d’abord à entendre sa peine plutôt qu’à la corriger trop vite, il s’ouvre davantage. Il devient alors plus capable d’entendre cette question essentielle : “Et maintenant, qu’est-ce que tu peux faire ?”

la responsabilité - Apprendre à son enfant ce qui dépend de lui

Quand cette manière de penser est transmise avec douceur, régularité et cohérence, elle construit énormément de choses chez l’enfant.

Elle développe d’abord une meilleure gestion de la frustration. L’enfant comprend que tout ne se passera pas toujours comme il le souhaite, mais que cela ne signifie pas que tout est perdu.

L’habitude d’éduquer son enfant à se concentrer sur ce qui dépend de lui nourrit ensuite sa résilience. L’enfant apprend à rebondir, à s’adapter, à recommencer, à chercher ce qu’il peut encore faire malgré la difficulté.

Elle renforce aussi le sentiment de responsabilité dans le bon sens du terme. Non pas la responsabilité culpabilisante qui écrase, mais la responsabilité qui rend acteur. « Respons-ability », la capacité à proposer une réponse plus juste à un évènement. L’enfant ne subit plus uniquement les événements. Il apprend qu’il a une marge d’action.

Cette habitude construit également une relation plus saine à l’échec. L’échec ne devient plus une preuve qu’il est “nul”. Il devient une expérience dans laquelle il peut encore choisir comment il veut y répondre.

Enfin, elle développe une forme de calme intérieur. Pas un calme parfait, ni une maîtrise totale de soi, mais un calme rassurant : celui de savoir que l’on pourra trouver une bonne manière de réagir.

Et ce repère lui servira dans le sport, à l’école, dans ses amitiés, dans sa vie d’adolescent, puis d’adulte. Car apprendre à distinguer ce que l’on maîtrise de ce que l’on ne maîtrise pas est une compétence profondément utile pour toute la vie.

Un enfant à qui l’on transmet cela grandit souvent avec plus de lucidité. Il comprend mieux ses responsabilités, mais aussi ses limites. Il se compare moins inutilement. Il s’effondre moins vite quand tout ne se passe pas comme prévu. Il apprend que sa force ne réside pas dans le fait de tout maîtriser, mais dans sa capacité à revenir vers ce qu’il peut réellement faire.

deux enfants un qui se concentre sur ce qui est dans son contrôle

Nous ne pourrons jamais éviter à nos enfants toutes les frustrations, toutes les déceptions ou toutes les injustices. Et ce n’est d’ailleurs pas souhaitable. Car grandir, c’est aussi apprendre à traverser une réalité qui ne se plie pas toujours à nos désirs.

En revanche, nous pouvons leur transmettre quelque chose de très précieux : apprendre à son enfant ce qui dépend de lui. Pour qu’il vive au mieux ou du moins le moins mal possible, toutes les frustrations qu’il devra traverser au cours de sa vie.

Cette leçon ne supprime pas la douleur. Elle ne rend pas la vie facile. Mais elle aide l’enfant à ne pas se perdre dans ce qu’il ne maîtrise pas. Elle lui apprend à revenir vers ses efforts, son attitude, ses choix, sa manière de répondre aux événements.

Et, dans un monde où tant de choses échappent à notre contrôle, où nous sommes constamment exposés à des réalités que nous ne maîtrisons pas, c’est un cadeau immense.

Et peut-être est-ce là l’une des plus belles choses que nous puissions lui offrir

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