L’EGO EST L’ENNEMI DES PARENTS, ET UN OBSTACLE SÉRIEUX À L’ÉPANOUISSEMENT DE LEUR ENFANT SPORTIF

L’EGO EST L’ENNEMI DES PARENTS, ET UN OBSTACLE SÉRIEUX À L’ÉPANOUISSEMENT DE LEUR ENFANT SPORTIF

Parent et enfant l'ego est l'ennemi

Vous voulez le meilleur pour votre enfant ! Vous l’accompagnez aux entraînements, lors de ses compétitions, vous l’encouragez, vous le soutenez. Et pourtant, une question mérite d’être posée, avec honnêteté et bienveillance : et si, sans le vouloir, votre ego de parent devenait un frein plutôt qu’un soutien ? Dans le sport des jeunes, l’ego est l’ennemi. Pas seulement celui de l’enfant, mais aussi, souvent, celui de l’adulte qui l’accompagne.

Si après avoir lu ces quelques lignes vous êtes prêts à arrêter la lecture de cet article parce que  vous vous dites « moi ça va, je n’ai pas un ego surdéveloppé ». Alors, sans aucun doute, ces quelques paragraphes sont pour vous ! Car très souvent, trop souvent, nous ne sommes pas conscients de l’influence de notre ego. Même si nous avons tous de l’ego.

Je vous conseille d’ailleurs la lecture du livre dont est tiré l’idée de cet article : L’ego est l’ennemi de Ryan Holiday.

Lien vers le livre : L’ego est l’ennemi (lien affilié Amazon)

Lecture père l'ego est l'ennemi

Vous pouvez aussi télécharger la fiche du livre que j’ai préparée pour vous et qui reprend quelques idées essentielles orientées pour une utilisation parentale au service des enfants sportifs.

Lien pour la fiche du livre : Fiche de lecture L’ego est l’ennemi

L’ego des parents s’exprime rarement de manière consciente. On ne se rend pas compte que certaines remarques, certaines pensées, certaines réactions sont en fait le fruit de notre ego.

L’ego peut ainsi prendre la forme d’attentes élevées, de comparaisons, de projections, ou d’une pression parentale qui se veut « motivante », mais qui peut vite devenir étouffante. Et ce phénomène touche tous les parents de jeunes sportifs, même les plus bienveillants, même ceux qui sont persuadés qu’ils n’ont pas d’ego.

Dans cet article, vous allez découvrir :

  • comment l’ego parental s’installe sans bruit,
  • en quoi il peut nuire à l’épanouissement du jeune sportif,
  • et surtout comment adopter une posture juste, aidante et libératrice, pour accompagner votre enfant.

Vous connaissez peut-être l’histoire touchante d’André Agassi, l’un des plus grands joueurs de tennis de l’histoire. Huit titres du Grand Chelem. Une carrière exceptionnelle. Une réussite totale… en apparence.

Mais dans son autobiographie Open, Agassi révèle une vérité dérangeante :

« Je déteste le tennis. Je l’ai toujours détesté. »

Derrière les trophées, il y avait un père obsédé par la réussite. Un père qui projetait ses propres rêves sur son fils. Un père convaincu de « savoir ce qui est bon pour lui ».

Je vous ai réalisé un article de présentation de ce livre :

RÉSUMÉ DU LIVRE OPEN DE ANDRÉ AGASSI : COMMENT UN ENFANT FORCÉ EST DEVENU UNE LÉGENDE À CONTRE-CŒUR.

Voici un extrait du livre qui résume parfaitement les croyances d’un père qui ne se rendait pas compte du mal qu’il faisait à son enfant, ni de l’impact de son ego dans ses actions.   

Emmanuel Agassi, explique :

« Les gens disent que j’ai poussé trop dur mes enfants, que je les ai presque détruits. Et vous savez quoi ? Ils ont raison. J’ai été trop dur avec eux. Leur faisant ressentir qu’ils n’en faisaient jamais assez. Mais après l’enfance que j’ai eue, combattant dans les débris en Iran, j’étais déterminé à donner à mes enfants une vie meilleure. Mal avisé comme j’ai été, j’ai poussé mes enfants parce que je les aime. »

Agassi l'ego du père est l'ennemi

Résultat ?
Un champion… mais un enfant brisé. Et plus tard, un adulte instable.

Tous les parents ne poussent pas leurs enfants à l’extrême. Mais la logique est souvent la même : vouloir le meilleur, sans toujours se demander pour qui.

Si les parents se comparent au père d’Agassi, ils seront persuadés que leur mode de fonctionnement n’est pas dicté par leur ego. Ils seront peut-être même persuadés que leur ego ne les influence en rien. Pourtant, même si l’ego ne mène pas à chaque fois à des excès comme pour le père du « Kid de Las Vegas », il y a très souvent des dégâts qui pourraient être évités.

Lecture mère l'ego est l'ennemi

Dans le sport, la frontière est fine entre ambition et ego.

Avoir de l’ambition, c’est vouloir progresser. Pour un parent, c’est accompagner son enfant dans son sport, non pas pour qu’il gagne tout, mais pour qu’il progresse. Dans cet état d’esprit, la défaite est utilisée comme un moyen de progresser, pas comme l’expression d’une valeur de l’enfant. Une non-sélection ou une critique d’un coach sont des informations sur ce que l’enfant doit encore améliorer.

Faire preuve d’ego c’est croire que les résultats de l’enfant sont des indicateurs de sa valeur. C’est aussi croire que les performances de l’enfant sont un reflet de soi, et de sa réussite en tant que parents. Cela s’exprime souvent lorsque la victoire rassure… et la défaite dérange profondément.

À ce moment-là, le message implicite envoyé à l’enfant est problématique :
« Tu es apprécié quand tu réussis. » – Parfois même pire « on t’aime quand tu gagnes »

Or, la psychologie du sport chez l’enfant montre clairement que le sentiment de sécurité émotionnelle est une base essentielle de la progression.

Lorsque vous vous sentez touché par ses défaites, ses erreurs ou son manque d’engagement, c’est très souvent parce que l’ego n’est pas loin.

Les conséquences de l’ego blessé des parents : l’enfant ne joue plus pour apprendre ou s’épanouir, mais pour répondre à une attente.

Voir l’article les parents trop émotionnels

Lien article : PARENTS TROP ÉMOTIONNELS

Pression parentale l'ego est l'ennemi

La pression parentale dans le sport n’est pas toujours verbale.
Elle est souvent subtile :

  • un soupir après une erreur,
  • un silence pesant en retour du match,
  • une analyse technique non demandée,
  • une comparaison avec d’autres enfants,
  • un conseil qui sera pris comme une critique.

Ces micro-comportements s’accumulent.

Et l’enfant comprend vite que le plaisir passe après la performance.

À long terme, cette pression peut générer :

  • la peur de l’échec,
  • la perte de confiance,
  • l’anxiété de performance,
  • voire l’abandon du sport.

Apprendre à apprivoiser son ego et aider son enfant à s’épanouir dans le sport sans pression commence par ceci : Les parents doivent apprendre à réduire la charge émotionnelle qu’ils déposent inconsciemment sur leur enfant.

Être exigeant n’est pas un problème. Être exigeant pour soi est même une qualité. Apprendre à son enfant à être exigeant est aussi une excellente idée.

Mais alors c’est quoi, être trop exigeant ? D’ailleurs, peut-on être trop exigeant ? Ou sommes-nous plutôt « mal » exigeant ?

L’expression de l’exigence doit s’apprendre. Les parents doivent apprendre à doser leur exigence, à la moduler, à l’adapter à chacun de leurs enfants.

La pression est formatrice, l’excès de pression est destructeur. On peut donc y aller à tâtons et progressivement. Mais l’exigence se construit !

L’exigence se construit dans le temps.
Elle ne s’impose pas par la pression, mais elle se développe :

  • par l’exemple des parents, plus que par les discours,
  • par une structure claire et sécurisante,
  • par des habitudes régulières et adaptées à l’âge,
  • et surtout par la possibilité de faire des erreurs, sans peur du jugement.

Ne pas projeter ses rêves sur son enfant est un acte de courage parental. Mais cela s’apprend. Et cela se travaille.

Projet Mbappé l'ego parental

Le « Projet Mbappé » est une expression qui désigne un phénomène où des parents de footballeurs cherchent à faire de leurs enfants de futures stars, mais cela se traduit souvent par une pression excessive et des comportements abusifs, créant un vrai fléau dans le football amateur.

Un bon accompagnement parental sportif repose sur une idée simple :
l’enfant n’est pas un projet à réussir, mais une personne à accompagner.

Quand l’ego est l’ennemi, le parent devient coach, juge ou manager.
Quand l’ego s’efface ou se contrôle, le parent redevient un repère émotionnel stable.

C’est cette posture qui permet une progression durable.

Le progès et l'ego

La posture du parent de sportif la plus aidante repose sur trois piliers :

  1. La dissociation
    Votre identité ne dépend pas des performances de votre enfant. Sa réussite ou ses échecs ne sont pas vos réussites ou vos échecs.
  2. La confiance
    Laisser l’enfant vivre ses expériences, même imparfaites. Et faites-lui confiance. Faites-vous aussi confiance.  
  3. Le plaisir comme boussole
    Un enfant qui prend du plaisir progresse toujours plus loin. Servez-vous de cette notion comme de la valeur essentielle à suivre.
Controle de l'ego

Être parent de sportif, ce n’est pas simple. Entre l’envie sincère de bien faire, la peur de voir son enfant échouer et la tentation de vouloir l’aider toujours plus, il est facile de se laisser guider par son ego sans même s’en rendre compte.

Pourtant, tout au long de cet article, une idée centrale se dégage : l’ego est l’ennemi lorsqu’il prend le pas sur l’écoute, la confiance et la relation. Non pas parce que les parents veulent mal faire, mais parce qu’ils aiment profondément leur enfant. L’enjeu est donc de prendre conscience de sa posture.

Apprenez à analyser vos paroles, vos comportements, votre non-verbal et prenez un instant pour vous demander si tout cela vise à aider votre enfant… ou à vous rassurer.

Apprenez à valoriser l’effort, l’engagement et le plaisir plutôt que le résultat. Osez aussi laisser votre enfant vivre ses propres expériences, y compris ses erreurs, car elles font partie intégrante de son développement.

Voir l’article :

Enfin, rappelez-vous que votre rôle n’est pas de porter son parcours sportif à sa place, mais de lui offrir un cadre sécurisant dans lequel votre enfant peut grandir, s’exprimer et s’épanouir à son rythme.

En choisissant d’apaiser votre ego, vous ne renoncez ni à l’exigence ni à l’ambition !

Vous choisissez le bien-être de votre enfant.

L’ego est l’ennemi… mais il n’est pas une fatalité.

Chaque parent de jeune sportif peut, à tout moment, ajuster sa posture.
Non pas en étant parfait, mais en étant conscient et en cherchant à progresser.

Pour aller plus loin vous pouvez lire les articles suivants :

👉 PARENTS TROP ÉMOTIONNELS – les attitudes gagnantes

👉 LE PIEGE DE LA PROJECTION PARENTALE, QUAND VOTRE RÊVE DEVIENT SON FARDEAU – les attitudes gagnantes

👉RÉSUMÉ DU LIVRE OPEN DE ANDRÉ AGASSI : COMMENT UN ENFANT FORCÉ EST DEVENU UNE LÉGENDE À CONTRE-CŒUR. – les attitudes gagnantes

👉 »Le projet Mbappé, arrêtez ça »: le message fort de Kylian Mbappé aux parents de jeunes footballeurs

👉 FICHES DE LECTURE POUR SPORTIFS – les attitudes gagnantes

👉Être parent de jeunes sportifs de haut niveau : un véritable défi – France Sport

Si tu as aimé l'article, tu peux le partager :)

Laisser un commentaire

Retour en haut